samedi 11 avril 2009
Des (bonnes) nouvelles
vendredi 20 février 2009
Here we come ;)
mardi 10 février 2009
Huelga General *
Impressionnant !
Comme vous le savez peut-être, la Martinique est « paralysée » depuis le 5 février, à l’appel d’un collectif d’union syndical qui répond au doux nom de « Collectif du 5 février ».
Je mets le mot « paralysée » entre guillemets car l’utilisation de superlatifs généreux pour décrire les mouvements de grève est à mon sens un peu excessive (entre prise d’otage, radicalisation et paralysie, je vous laisse seuls juges).
Le mal semble sincèrement profond. Les Martiniquais ont décidé de suivre le mouvement Guadeloupéen, démarré le 20 Janvier à l’appel de « Liyannaj kont pwofitasyon » et toujours d’actualité, pour protester contre « la vie chère ». C’est le terme consacré ici pour décrire les différents abus auxquels se livrent les différentes sociétés d’importations de denrées alimentaires de l’île.
Il faut en effet savoir que le caddie martiniquais coute 34 à 43 pourcent plus cher que le même caddie parisien. Cette différence de prix est en partie justifiée par la nécessité d’importation d’une énorme majorité de produits ainsi que par la taxe régionale apellée « l’octroi de mer ».
Cette très ancienne taxe est décrite ici et touche tous les produits vendus ici. Comme la TVA est très faible ici, cette taxe compense la différence (la TVA oscille entre 0, 2 et 8% en fonction des types de produits). La principale différence se situe dans la mécanique technique de la taxe. Il n’y a pas de collecte et de déduction comme avec la TVA et la totalité des recettes de l’octroi de mer vont à la région.
Cela dit, cette taxe et les couts d’importations ne justifient pas à eux seuls le prix des produits en Martinique. La grande distribution se trouve ici dans une situation assimilable à un monopole et fixe les prix comme bon lui semble. Il existe en effet peu de centrales d’achats et elles appartiennent aux familles Békés.
Les békés sont les descendants des colons. Ils vivent en communauté fermée, sont installés depuis plusieurs siècles sur l’île et en détiennent environ 80 à 90% de l’économie. Ce sont eux qui font les prix d’une énorme majorité de biens de consommations (depuis la farine jusqu’aux autoradio, en passant par les véhicules).
La situation économique de la Martinique est préoccupante, le taux de chômage avoisine les 25% (oui, je sais, je grossis ce taux :s) et les salaires bonifiés (+40% par rapport au même poste en métropole) n’existent que pour les fonctionnaires ou les cadres. Les classes sociales ouvrières vivent avec un SMIC ou un RMI dont le montant n’inclut pas de bonification de « vie chère ».
L’accumulation de ces différents constats et la crise financière nous conduisent à la situation que nous vivons aujourd’hui. Le peuple martiniquais demande le simple droit de pouvoir manger à un tarif raisonnable.
Le « collectif du 5 février » comme le «Liyannaj kont pwofitasyon » demandent notamment la baise de 10 à 30% des denrées de première nécessités, la baisse de 10 à 50 cts du prix du litre d’essence et la hausse des bas salaires d’au moins 300 euros par mois.
Le prix de l’essence est en effet le nerf de la guerre dans une île ou la voiture est omniprésente, tant par nécessité que par besoin de représentation sociale. Son tarif est fixé par l’état et est révisé « régulièrement ».
La grève a donc démarré Jeudi dernier, 5 février avec une grande manifestation mobilisant 15 à 20 mille personnes, c'est-à-dire 3.75 et 5% de la population de l’île, ce qui est considérable (en comparaison avec la métropole par exemple, cela représente environ 3 millions de personnes dans la rue).
Les manifestants défilent en scandant :
Matnik, sé ta nou,
Matnik sé pa ta yo
An bann profitè volè,
Nou ké fouté yo déwo!
Traduction :
La Martinique est à nous,
La Martinique n'est pas à eux,
Cette bande de profiteurs et de voleurs,
Nous les foutrons dehors!
Mais aussi
"Nous lé respect" (nous voulons nous faire respecter)
"ba nou égalité" (nous voulons l'égalité pour tous)
Ils sont remontés donc contre les profiteurs, les importateurs et demandent le minimum de respect du consommateur et que l’on arrête de les prendre pour des vaches à lait.
Bien que je sois plutôt d’accord avec les revendications des manifestants, il faut tout de même nuancer leur propos. La vie est très chère en Martinique, c’est un fait, mais le budget des familles est globalement géré de façon exotique. Le parc automobile par exemple est composé en grande majorité de voitures neuves achetées à crédit dont le prix dépasse largement une vingtaine de mois de SMIC. La voiture étant un symbole très fort de réussite sociale, les martiniquais engloutissent une bonne partie de leurs revenus dans des 4x4 flambant neufs, ou des gros pickups américain peu écologiques. La vie est chère donc et il faut se battre pour faire baisser les prix, mais j’ai tendance à penser que l’on est plus crédible en manifestant dans une vieille Clio que dans un une Porsche Cayenne, mais ce n’est que mon avis ;)
La conséquence directe et évidente de la grève est que l’île fonctionne au ralenti depuis Jeudi. Tous les services publics et administratifs sont fermés. La plupart des commerce de fort de France aussi et les centre commerciaux sont ouverts par intermittence.
Cependant depuis vendredi, le mouvement de grève prend une autre forme et oblige les salariés à sortir de leurs entreprises, oblige les supermarchés à fermer le rideau et à ne plus accueillir les clients, empêche les livraisons d’essence dans les stations services.
Les gens (nous y compris) se sont précipités pour faire des provisions de nourriture et d’essence, ne sachant pas combien de temps cette grève va durer et aujourdhui, plus aucun supermarché n’est ouvert, il reste 8 stations essences ouvertes sur les 95 que compte l’île et l’essence y est rationnée et réservée pour les services d’urgences (professions médicales, pompiers, SAMU…etc).
Nous sommes donc cloitrés chez nous,à économiser l’essence qu’il reste dans le réservoir et à regarder nos concombres fleurir en attendant que la grève s’achève.
Bien évidemment, l’activité de Cécile est fortement réduite et j’ai du annuler deux entretiens cette semaine, car je ne peux pas me rendre à Fort de France mais enfin, globalement, le moral est bon même si nous sommes un peu stressés par cette étrange situation. C’est surtout la sensation de manque à laquelle nous ne sommes pas habitués, mais rien de bien grave ;)
Voila pour les nouvelles neuves de la Martinique en pleine révolte sociale.
Gros bisoux à tous et à toutes et à bientôt ;)
* : Grève générale
mardi 3 février 2009
Première réponse
Je viens en effet de recevoir une réponse à mon mail de relance :
jeudi 29 janvier 2009
Trois mois tout pile !
Eh oui ! Le temps passe comme disait l'autre.
Il court même.
Cela fait aujourd’hui trois mois tout pile que nous avons plié nos maigres bagages parisiens à destination de l’île aux fleurs.
Un premier bilan s’impose donc, et il est plutôt mitigé.
Nous sommes partis la tête pleine d’images, de clichés, de mises en gardes et peut être un peu optimistes quand à la facilité à s’installer dans une région que nous ne connaissions finalement qu’assez peu. La réalité de la vie nous a rattrapés au début de notre aventure.
L’arrivée fut en effet assez difficile entre les problèmes de voiture, la difficulté à trouver un logement et la crise financière mondiale qui réduit mes chances de trouver un emploi.
Petit à petit, une par une, et tout en essayant de profiter un maximum des richesses naturelles de la Martinique, nous y avons posé les pierres de notre nouvelle vie.
Après avoir couru de déceptions en refus de dossiers, un propriétaire nous fait finalement confiance et décide de nous accepter comme locataires. Le soulagement et la joie qui nous envahit à cette période est difficilement descriptible. Nous avions trouvé la pierre angulaire de notre aventure.
La suite est bien plus joyeuse. Après quelques jours de courses et d’achat divers, nous avons meublé notre maison et commencé à l’aménager selon nos gouts.
Ma mère est arrivée pour fêter Noël et la fin d’année avec nous, mais aussi pour essayer de m’aider dans ma recherche d’emplois via le réseau du Rotary notamment.
Cela m’a redonné du courage pour ma recherche, car les différents membres rotariens avec lesquels j’ai pu discuter m’ont tous assurés que je trouverais rapidement. Ces discussions n’ont malheureusement pas abouti pour l’instant sur une proposition concrète et c’est via le site Domemploi que j’ai décroché mon premier entretien sur le sol antillais. Je suis toujours en attente de réponse suite à cet entretien entièrement en anglais, mais au moins, l’espoir est là. Mon second entretien, pour le groupe GBH s’est aussi bien passé et je devrais avoir une réponse la semaine prochaine.
De son coté, Cécile continue à faire son trou au sein du microcosme de la psychomotricité martiniquaise et les perspectives pour la suite sont globalement bonnes.
Nous sommes donc enfin installés correctement, et nous commençons à vraiment profiter de la qualité de vie sans égal de la Martinique. Nous continuons de découvrir les recoins de l’île au gré des jours de repos de Cécile et je profite de mon absence de contrainte pour aller naviguer avec Marcel sur son joli voilier ;)
Comme je l’évoquais au début, le bilan est mitigé car le démarrage fut compliqué mais aujourd’hui, nous sommes heureux sur cette île ;)
A bientôt ;)